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samedi 6 mai 2017

Ode à la nature nocturne

Révérence !
Il est parfois des moments de magie qui nous transportent loin, très loin...
Des moments uniques que l'on doit chérir,
tant de gouttes d'or ruisselant de la réalité telles un trésor...
J'aimerais vous conter un de ces moments de grâce, 
inoubliables...
- Les photos sont issues d'autres lieux... :) -

foret noir et blanc

Il était à peu près 22h, je m’apprêtais à aller au lit.
En nuisette, j'ouvre la fenêtre de la chambre,comme souvent,
 pour aérer la pièce et ainsi rendre le sommeil plus réparateur.
Mais au moment de m'installer à la fenêtre pour écouter la nuit,
j'ai ressenti quelque chose de... très spécial.
Il y avait un vent très fort et étonnamment chaud,
une atmosphère électrique incroyable.
C'était un vent violent,
doux et sauvage...
J'ai comme... ressenti l'appel du "wild".
Ni une ni deux, j'ai enfilé des vêtements par dessus ma nuisette,
mis des chaussures
et je suis sortie, un peu effarée, faire une balade nocturne.
Au départ, je pensais juste faire le tour du pâté de maisons.
Mais en fait une fois dehors je me suis sentie vibrante, vivante,
je me suis dirigée vers le parc non loin de chez moi.
Un grand parc abritant quelque superbe bâtiment victorien,
au style classieux, aux parvis et escaliers grandioses et aux jardins élégants.
C'était incroyable l'ambiance qui y régnait, de nuit.
Cela faisait longtemps que j'avais pas fait de virée nocturne.
L'intérieur de la bâtisse victorienne énigmatique était éclairé de vert,
rappelant ainsi fortement certains Tommycknokers...
Un vert sombre, une lumière plutôt faible...
Un vision à la fois fascinante et inquiétante... 
Les étoiles et la lune, froides, luisaient au dessus de moi
tels des observateurs suspicieux...
C'était surréaliste,
tellement que j'ai fait un "test de réalité",
pour voir si j'étais pas en train de rêver...
La lune très éclairante, et les étoiles étaient divines,
des joyaux sertis dans ce spectacle étrange.
Les nuages formaient ça et là des arabesques sublimes...
Broderies de soie légère et finement agencée sur le brocard de la nuit...
Je me sentais "empowered".
 Je n'avais pas du tout envie de rentrer... 
Donc je me suis dirigée vers l'étang,
qui n'était pas tout proche cependant...
Éclairée à la lune, je me sentais fantomatique.
J'avais l'impression que des volutes de brume dansaient,
tout proche, et pourtant, point de brume ce soir là.
A la fois effrayée par l'obscurité, et galvanisée par cette virée grisante,
j'avançais dans la faible lueur de cette lune ambivalente, au milieu des esprits discrets.
Le chant des grillons était omniprésent, sonore, hypnotique.
Rejoint bientôt par celui des grenouilles langoureuses,
au fur et à mesure que j'approchais du petit lac.
Puis je l'aperçu, gris, calme, cet étang que je ne connaissais que de jour.
C'était extraordinaire.
La lune scintillait doucement sur ses vaguelettes,
 créait ainsi une nappe de fins diamants...

lac noir et blanc

Les lumière lointaines du village vinrent y ajouter une touche d'or...
Le vent fort me caressait de toute part...
Un vent que l'on aurait cru orageux,
même si rien ne portait à croire qu'il pleuvrait le lendemain...
Au bord de l'étang, charmée par ce tableau gothique,
je me suis allongée dans l'herbe, et j'ai trippé.
J'ai voyagé dans les étoiles, ici non spoliées par les lumières urbaines.
C'était irréel, c'était ...
comme dans un rêve, une peinture fantasy, un monde imaginaire. 
Et pourtant, c'était bien la réalité.
J'avais perdu cette habitude, de m'envoler la nuit,
il était grand temps de me la réapproprier!
 Je me sentais légère, là, allongée dans l'herbe,
presque comme hors la loi,
tant peu de monde peut comprendre ce genre de "délire".
Les méandres de la voie lactée n'avaient plus de secret pour moi,
et l'espace d'un instant, je pu entrevoir la notion d'infini...
Puis je me suis relevée, et ai continué de faire le tour du grand étang,
Courtisée par le grand Pan, personnifié dans le vent,
dans ce désert de solitude, point ne me sentais-je seule.
Les lieux étaient habités de toute part,
non par l'Homme, mais pas l'Autre.
Cette Altérité dimensionnelle inexplicable, mais infiniment belle.
Les canards couaquaient à mon passage,
rompant la mélodie hypnotique des grillons et des grenouilles.
J'écoutai chaque grillon, chaque grenouille,
comme autant de compositeurs fous.
Émerveillée, bouleversée par la beauté de la nuit,
je me sentais telle une vampire qui venait de naitre,
et semai ça et là bon nombre de larmes de gratitude.

reflets eau noir et blanc

Puis, dans une autre dimension, je m'abandonnais sur le sol,
entêtée, enivrée, plus libre que jamais,
à la grâce de se donner corps et âme à la nature...
Embrassant la terre et mon destin...
Priant les dieux et les esprit, pour un monde plus doux...
Quittant ainsi les dimensions terrestres
pour rejoindre les astres en communion...
Pleurant toutes les larmes de mon corps,
en salves salvatrices et libératrices...

Une expérience inoubliable......

Légère, je sentais que quelque chose s'était produit.
Sur le chemin tranquille du retour,
un petit émissaire du grand Pan m'a saluée :
un petit crapaud est passé juste devant moi et s'est arrêté.
Je l'ai délicatement pris dans mes mains, et je l'ai caressé.
Le crapaud, peu farouche, s'est laissé faire.
 C'était un "câlin de grapaù", comme je me disais. ^^'
 Puis je l'ai reposé, et il est resté là, comme serein.
Je suis repartie, ravie, enchantée....
Mais avec un seul regret, qui m'est venu quelques instants plus tard :
j'aurais du embrasser le crapaud.... 
On ne sait jamais O.o

Merci à vous,
d'avoir pris le temps de partager avec moi
cette capsule de vie ! O.o
Vive la nature, vive la liberté ! <3

6 commentaires:

  1. magnifique! comme je te comprends. la beauté de ce monde échappe à tous ceux qui ne voient pas au delà du visible

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    1. Mille mercis ! Oui je suis tout à fait d'accord pour ce qui est du visible ;)
      merci pour ton petit mot !

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  2. L'appel de la nuit, je le connais si bien... tout autour de nous grouille de vie, chante et danse... la magie fugace des yeux phosphorescents au ras des fourrés, le vol blanc de la chouette, les trilles du rossignol... et surtout, le parfum. La terre, le lierre rampant, la menthe, des exhalaisons vertes et piquantes, la suavité des lilas et des premières roses... Le petit animal amical qui vient à ta rencontre inattendue. Et soudain, la certitude absolue d'être née pour cela.

    Anne

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    1. Oui c'est bien ça <3 La sensation d'être née pour ça.... <3 ^-^

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